Tout pour devenir une classique - Le 17 septembre 2016 - 18:24

Avec l’arrivée de Gildas Morvan (Cercle Vert) qui a tenu à ramener son Figaro Bénéteau jusque sur la ligne d’arrivée, la Douarnenez Horta Solo a baissé le rideau ce samedi matin. Que retenir de ces trois semaines de course intenses ? Entre le sacre de Champion de France d’un Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) impérial tout au long de la saison, la douceur d’une escale açorienne toujours aussi magique, la découverte pour certains des contraintes nouvelles engendrées par une course de haute-mer, la Douarnenez Horta Solo devrait devenir rapidement une étape incontournable du circuit Figaro Bénéteau.

 

Il fallait voir les trognes de marins débarquant à Douarnenez après cette étape retour particulièrement musclée pour comprendre… Les yeux rougis par le sel, les poignets et le cou irrités par le néoprène de la combinaison sèche portée trop longtemps, vaguement titubant de fatigue sur le ponton, tous avaient pourtant le sourire de ceux qui reviennent d’une belle aventure. Pour certains, c’était quasiment un rite initiatique : pensez-donc, cinq jours durant, debout sur les portières, à prendre des paquets de mer incessants, à gamberger sur la casse technique qui avait affecté certains de leurs camarades de jeux, forge le caractère.

Les ténors ont forcément apprécié la bagarre au couteau tout au long des deux étapes, les places gagnées ou perdues à coups de secondes, sans oublier la découverte de paysages inconnus, le plaisir de batailler à l’ombre du Pico ou dans les remous du raz de Sein. Cette course a aussi eu le mérite de resserrer les liens entre les coureurs : quand on navigue bord à bord, en haute mer, que la première côte est à plus de 500 milles, les conversations VHF prennent une autre teneur. Ils se côtoyaient avant la course, ils ont appris à se connaître, à s’apprécier. Ce n’est pas la moindre des vertus de cette course, que d’avoir permis l’amalgame entre les vieux routiers du circuit et les nouveaux-venus, d’avoir favorisé le mélange des genres.

 

Rendez-vous en terre connue en 2018

A l’heure des bilans, certains ont déjà un avenir tout tracé pour l’année à venir : Charlie Dalin sait qu’il lui reste encore une saison pour défendre les couleurs de la Macif. Son défi : tenter de faire aussi bien, voire mieux qu’en 2016. Il lui reste encore la Solitaire Bompard Le Figaro à accrocher à son palmarès. Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) s’en va à l’issue d’une saison pleine. Le nouveau Skipper Macif 2017 risque d’avoir un peu de pression sur les épaules. Sébastien Simon, lui aussi, pourra profiter du soutien du Crédit Mutuel de Bretagne et de la Région Bretagne pour une nouvelle année. Tout sourire, le jeune navigateur sablais avait le sentiment qu’un déclic s’était produit dans cette étape retour où jamais la gestion d’un bateau au grand large ne s’était encore posé dans ces termes. D’autres ont déjà fortement avancé dans la reconduction d’un partenariat ou l’arrivée d’un nouveau sponsor, comme Arnaud Godard-Philippe (Faun Environnement), dont la ténacité a impressionné ou bien encore Damien Cloarec (Saferail). Enfin, certains vont devoir remettre sur le métier leur ouvrage. Sophie Faguet qui va laisser sa place à un autre skipper des sélections de la Région Normandie, est d’ores et déjà en recherche. Son talent indéniable et l’intelligence de sa communication mériteraient la confiance d’un partenaire. Xavier Macaire (Chemins d’Océans) aimerait bien, quant à lui, éviter la préparation plus ou moins chaotique de sa saison du fait d’un partenariat surgi tardivement.

A plus long terme, certains se projettent déjà vers d’autres horizons, comme le Vendée Globe 2020. Entre temps, des nouveaux talents se seront révélés, certains seront devenus à leur tour des habitués du circuit… Combien seront-ils au départ en 2018 ? Si c’est encore un peu tôt pour le dire, il y a fort à parier que le bouche-à-oreille sera sûrement un des meilleurs vecteurs de promotion de la Douarnenez Horta Solo 2018.